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Comme chaque année et en bonne nîmoise je ne peux rater la Féria de Pentecôte (bon j'aime bien celle des Vendanges en septembre, mais jusqu'à présent j'étais souvent en voyage à ces dates là).
Cette année, j'ai eu envie de partager cette petite fête avec vous. Même s'il faut avouer que les circonstances n'ont pas aidé pour faire de la fête Nîmoise un succès comme les années précédentes.
La féria est une fête populaire centrée sur les taureaux et les chevaux. La première Feria officielle date de 1952. Mais comme les nîmois sont des rebelles, on peut recenser des férias illégales depuis la fin du XIXe siècle.
Avec ses belles arènes, Nîmes avait un potentiel énorme pour tout ce qui touche à la tauromachie. Mais au XVIIe siècle, les arènes sont un refuge pour les exclus, notamment les personnes atteintes de peste... Après cette utilité misérable, les arènes sont dans un piteux état. Ce n'est qu'au début du XIXe siècle, en 1809, que les arènes retrouvent leur hauteur, leurs arches et leurs gradins après de grands travaux de déblayage. 
Dès 1813, le taureau paraît. Le préfet du Gard écrit en 1813 à son ministre « Le goût qu'a le public pour la course de taureaux est porté jusqu'à la fureur dans ce pays et nulle part il n'existe d'emplacement aussi magnifique que celui des arènes»
Une bataille suit pour une corrida à l'espagnol mais ça on en parlera un peu plus loin.

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Après ce petit historique, la question est de savoir ce qu'on trouve à la Féria comme activité ?
Généralement la Féria commence le mercredi avec la Féria des enfants, des animations pour les plus petits (balade en Poney, ateliers...).
Mais le vrai lancement est le Jeudi avec la fameuse Pégoulade ! Défilé de chars, spectacle son et lumières...
C'est ce que je regrette le plus dans les férias des années 90 que je faisais quand j'étais petite, c'est la vraie pégoulage, celle où il y avait encore des chevaux et leurs gardians, des danseurs espagnols, des groupes folklores et des peñas... Même si celle de cette année était réussie avec certains chars vraiment superbes, il me manque ce petit coté provençal.

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Ensuite on y trouve bien évidemment des corridas. Pour être franche jusqu'à cette année, je n'en avais jamais vu... malgré mon coté 100%nimois (qui me vaut des moqueries du coté héraultais ;)), je ne suis pas attirée par ces manifestations. Déjà, c'est sur et certains que je ne paierai jamais un centime pour un spectacle mettant en scène la souffrance et la mort. En plus, j'ai tout le temps la superbe chanson de Cabrel en tête. Mais pour autant je ne condamne jamais rien sans avoir vu par moi même. Donc jusqu'à présent, je n'avais pas vraiment d'opinion.
Pour cette féria, je me baladais tranquillement autour des arènes, je comptais me rendre dans une bodega, quand le gars de la sécurité des arènes m'a interpellée. 
Moi toujours méfiante, je me retourne mais ne m'approche pas, il me dit gentiment approchez je ne vais pas vous manger. Je m'approche et il me demande ce que je pense de la Corrida, je lui réponds "bof", il me demande si j'aimerai y assister, je n'en sais rien, j'ai peur de ne pas supporter la corrida, la mise à mort... mais d'un coté je suis d'une nature curieuse. Il me dit "et si on vous invite, ça vous dit"? Là ma curiosité a pris le pas sur ma peur. J'ai dit oui, il m'a donc donné deux places et je suis rentrée dans les arènes sans savoir ce qui m'attendait.
Quand je vois les places, je comprends que le type ne s'est pas foutu de ma gueule, je suis au deuxième rang dans ce qu'ils appellent les vomitoires (pas super comme nom, je vous l'accorde). Franchement c'est très près... un peu trop d'ailleurs... m'enfin à cheval donné on ne regarde pas les dents.
On a raté le premier taureau... j'avoue que ce n'était pas très grave... Même si apparemment, le premier matador a été bon, puisqu'il fait un tour d'honneur.
On s'instale et le second taureau rentre. Déjà ce sont vraiment de belles bêtes plein de muscles (puisqu'ils font pratiquement tous plus de 500kg).
Le premier taureau ne va même pas mourir en public, il est apparemment blessé et ne tient pas sur ses pattes, il rentre donc au tauril et sera certainement envoyé à la boucherie.
Le taureau de réserve sort, mais le matador ne va pas être bon du tout. Alors vous me direz qu'est ce que j'en sais puisque c'est ma première... le problème est bien là, si moi je m'en suis rendu compte imaginez les aficionados. Il ne va pas toréer longtemps, il ne fixera jamais son taureau, le taureau ne sera pas excellent non plus. Bref rien de bien intéressant... La mise à mort finalement me dérange bien moins que lorsque le picador les pique ou quand les peones plantent les banderilles... Faut être honnête, la mise à mort est finalement un soulagement pour la bête... Elle pourra enfin être tranquille. Mais au final ce qui m'a le plus dérangé, c'est une fois la bête morte, des mulets viennent la chercher. Le taureau est accroché par les pattes et traîné par ces mulets... j'ai trouvé ça très choquant ! Surtout que ce pauvre premier taureau est sifflé. Bon ce n'est pas lui mais plus la manade. Mais bon, à chaque fois ce moment m'a gêné et m'a pas fait me sentir très bien.
Le matador David Mora fera également deux taureaux, mais il sera bien plus doué que le torero précédent. J'avoue qu'il a une classe particulière et on le sent à l'aise et serein devant le taureau. Tant qu'il ne le touche pas, quand il est face à lui c'est presque beau.
Il fera un geste, passé un moment, qui m'a interloqué et filer pas mal de frissons (certainement le seul moment). Il va aller vers le public, puis il salue une dame très très âgée (106 ans d'après le midi libre). Et lui envoi sa Montera (vous savez le chapeau bizarre). Toutes les arènes applaudissent... j'avoue que la personne âgée était tellement heureuse que j'ai souri pour elle. J'ai appris plus tard par internet que ce geste avait une symbolique forte. Le torero dédie la mort du taureau à cette dame (pour moi c'est vachement moins cool lol).
Ensuite nous avons droit à un jeune appelé il me semble novillera qui fait son alternative. L'alternative est la cérémonie pendant laquelle le débutant confirme et acquiert le rang de matador. Celui ci veut prouver... il veut tellement prouver qu'il se fait encorner derrière la cuisse. Franchement, contrai remet à beaucoup je n'ai pas bronché lors du coup de cornes. Pour deux raisons, la première c'est que je trouve qu'il l'a cherché car il a failli se faire encorner deux fois, la troisième n'a pas loupé. Et ensuite, même si j'imagine la douleur. Il est là par choix donc il connaît les risques.
Bon il a quand même continué son "show" jusqu'à la fin, mais je peux vous certifier qu'il était blanc et sans force à la fin.
Voilà j'ai fait une corrida certainement la dernière de ma vie car j'ai beaucoup de mal à accepter que la souffrance puisse être un "show" après j'ai bien conscience que ces taureaux de combats n'existent que pour ça, que sans la Corrida, ils n'existeraient pas. J'ai aussi conscience après les images vues sur les abattoirs, que de toute façon pour l'homme, l'animal n'est pas grand chose. Je me dis que lors de la corrida il a au final plus de chance (même si elle est infime) de s'en sortir que dans un abattoir. Bon ok, on voit rarement des taureaux graciés mais bon, j'en ai jamais vu du tout sortir d'un abattoir. J'ai sincèrement du mal à comprendre les gens qui prennent du plaisir. 

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Mais la Féria, ce n'est pas que des spectacle où la mort trône quand même !
On y trouve aussi des abrivados et encierros (en fait les encierros ne se font plus sur Nîmes mais dans les villages, trop dangereux à Nîmes)
Les encierros sont différentes en France qu'en Espagne. En France les encierros sont en fait des lâchers de taureaux de Camargue sur un parcours clos, dans une rue fermée à ses deux extrémités par des charrettes et des barrières, ou sur une place publique dont les accès sont fermés de la même manière. Ces spectacles ne mettent en scène aucun gardians.
L'abrivado est un mot provençal signifiant « élan, hâte » qui désignait jadis la conduite des taureaux depuis les pâturages jusqu'aux arènes sous la surveillance de gardians. La bandido (du provençal bandir ou fòrabandir, « expulser » les taureaux), désignait le retour des taureaux des arènes aux pâturages.
De nos jours, chacun de ces termes désigne une tradition taurine provençale et languedocienne consistant à simuler ces transferts de taureaux en les lâchant dans les rues fermées d’une ville ou d’un village.
J'aime bien en voir une par an, même si souvent les gens m'enervent sur ces manifestations, mais bon.

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Abrivado 2016 Feria de Nimes

Après on trouve bien évidemment un max de bodéga pour boire un coup parce que c'est agréable, il faut souvent être patient pour arriver au bar comme dans cette bodega très connue de Nîmes "Le Prolé" diminutif du "Proletariat". C'est un endroit avec une petite court intérieure, chargé d'histoire et très très populaire. Je vous conseille d'y aller au moins en journée pour profiter du soleil et de l'ambiance sans trop se faire marcher dessus. Pour en savoir plus sur ce "bar" je vous conseille l'article "Le Prolé à Nîmes, plus de cent ans de luttes". Ou comme le Bar le Victor Hugo, qui devient un bar de rue et dont la célèbre tête de taureau lumineuse attire nombreux spectacteur.

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A la féria y 'en a pour tous les gouts, car il y a aussi une fête foraine, des spectacles de danses, des spectacles équestres et le lundi les fameuses joutes languedociennes sur le canal de la Fontaine, des marchands en tout genre (art, chapeaux), de la musique (concert).

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Mais franchement, moi je vais vous dire ce que je prefère pendant la Féria :
C'est mangé une bonne paëlla ou une bonne rouille en famille ou entre amis, accompagné d'un verre de sangria, bercée par les musiques entrainantes d'une pena (désolée pour la taille de l'article il fut long...) 

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Photos : By me Feria 2015 et 2016

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