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“Chapitre un : il adorait New York, même si New York métaphorisait le déclin de la culture contemporaine. Il était dur de survivre dans une société insensibilisée par la drogue, la musique stridente, la télévision, les crimes, les ordures...” (Trop agressif. Je ne tiens pas à faire agressif.) “Chapitre un : il était aussi dur et romantique que la ville qu’il adorait. Derrière ses lunettes noires il cachait la puissance sexuelle d’un grand félin.” (J’adore, ça !) “New York était et serait à jamais sa ville.”

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3344429006883Synopsis : Isaac Davis, 42 ans, réécrit sans cesse le premier chapitre d'un livre où ses expériences restent inséparables de son amour pour New York. Au rythme des saisons : Manhattan et Broadway, le Brooklyn Bridge et l'Hudson River, Central Park, Times Square et Greenwich Village. Sa seconde épouse, Jill, l'a quitté pour une autre femme et rédige elle-même un ouvrage de souvenirs; il sort de temps en temps, " en garçon ", avec son jeune fils Willie. Isaac vit présentement avec Tracy, collégienne de 17 ans : il l'abandonne pour Mary Wilke qui se sépare de Yale, lui-même marié à Emily et meilleur ami d'Isaac. Mary, cependant, regagnera le giron de l'homme adultère et Isaac essaiera de reconquérir l'affection de Tracy, la jeune fille maintenant âgée de 18.

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Je commence à préparer mon voyage pour New York, et on m'avait fortement recommandé de voir Manhattan de Woody Allen. Comme en plus ce film fait partie de la filmographie de Meryl Streep, je me suis dit pourquoi pas faire d'une pierre deux coups.
Donc, j'ai profité du mauvais temps de ce week end pour voir ce film.
Les gens ne se sont pas trompés. Ce film est l'un des meilleurs de Woody Allen, même si je n'en ai pas vu cinquante mille. Et bien que je ne sois pas supra fan de ce réalisateur, j'ai adoré !
J'avoue qu'au début, j'ai eu un peu peur du noir et blanc... Il faut dire que ma génération n'est pas trop habituée aux films tournés en noir & blanc (j'en ai vu que deux je crois, Elephant Man et La liste de Schindler). Mais au contraire, ces nuances permettent des plans superbes et faire passer énormément de sentiments.

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Certains plans m'ont coupé le souffle comme celui des deux futurs amants regardant le lever de soleil assis sur un banc face au Queensboro Bridge illuminé (d'ailleurs photo utilisée pour l'affiche du film) ou encore les plans dans le planétarium où l'on aperçoit que les deux silhouettes jouant en ombres chinoises... Magnifique !
New York est effectivement filmé avec amour et comme un personnage central. Les plans d'ouverture sont sublimés par la photographie en Noir & Blanc, des plans larges mais aussi par la musique de Gershwin," Rhapsody in Blue" alliant Classique et Jazz.

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J'ai aussi été impressionnée par les dialogues et les personnages.
Woody Allen joue Isaac attendrissant, malgré son coté névrosé (et même hypocondriaque), mais dont la vie est aussi dévastée qu'une ville après une tornade. Il tombe amoureux d'une jeune fille de 17 ans nommée Tracy (Mariel Hemingway), pendant que son ex femme Jill (Meryl Streep) devenue lesbienne sort un livre sur leur vie conjugale. Mais il rencontre Mary (Diane Keaton) la maitresse de son meilleur ami Yale (Michael Murphy) qui va assez vite lui faire tourner la tête.
Malgré le noir et blanc, ces personnages sont haut en couleurs. Et le casting est tout bonnement génial ! Diane Keaton est sensationnelle, ça m'a donné encore plus envie de découvrir Annie Hall.

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En ce qui concerne Mariel Hemingway, même si son personnage est profond et plutôt intéressant, j'ai eu beaucoup de mal avec l'actrice, je hais sa voix !
Meryl Streep quant à elle est peu présente dans ce film, mais rayonne comme à son habitude, même si ici, elle est particulièrement froide.
Toutes les scènes entre les acteurs et Woody Allen sont simplement du grand art. Une alchimie particulière qui évolue tout au long du film rend le spectateur fan du "couple" Diane Keaton & Woody Allen. Les joutes verbales sont d'un très grand niveau. Woody en profite pour faire la critique de ses pseudos intellos, lors d'une scène à quatre assez magistrale, qui dénigrent ceux qu'il aime comme Ingmar Bergman son véritable chouchou.

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On a aussi droit à des phrases bien senties qui exprime très bien l'état d'esprit des personnages comme quand Mary parle à Yale du couple Tracy/Isaac en disant " Quelque part Nabokov doit sourire" ou encore quand Isaac et Yale se dispute et que ce dernier lui lance "Tu te prends pour Dieu !" Isaac rétorque " Il faut bien que quelqu'un me serve de modèle..."
Tout au long de ce film on découvre ce genre de perle, j'ai particulièrement aimé aussi la scène où Isaac énumère les choses qui pour lui font que la vie vaut d'être vécue. Je la trouve super attendrissante.
Quant à la fin, c'est magnifique, une seule scène pure et sans artifice, un plan où l'amour soigne tout les maux par une simple phrase : " Tout le monde ne tombe pas dans la débauche... Crois un peu plus en l'homme."
Bref, un pur moment de bonheur !!!

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Photos : Google
Didy